| Elle s’appelle
en réalité Maria Constanze
Caecilia Josepha Johanna Aloisia ; Maria, comme la
Vierge Marie, Caecilia, comme sa mère, Josepha, comme
sa sœur (future première Reine de la nuit dans
Die Zauberflöte), et Aloisia, comme son autre sœur,
premier amour déçu de Wolfgang Mozart. Elle
est baptisée le jour de sa naissance, le 05 janvier
1762 à Zell im Wiezental.
Les parents sont Fridolin
Weber, copiste et souffleur de théâtre,
ainsi que Maria Caecilia Cordula, née
Stamm. Cette dernière a la réputation
d'être une mégère, qui vendrit ses filles
contre une rente viagère.
Les 4 fille sont élevées
dans un univers que le père tente de protéger
des colères de sa femme. Une différence fondamentale
cependant oppose les deux sœurs : Aloisia est très
belle et chante admirablement ; elle devient rapidement une
cantatrice réputée (pour ses vilains caprices
aussi).
Constanze sait
également chanter de façon vertigineuse, mais
elle est le « vilain petit canard » de la famille
; dotée d’un physique difficile, elle
consacre sa vie au ménage et à la cuisine pour
sa famille, jusqu’à ce que Wolfgang Mozart devienne
locataire de sa mère ; à force de petits soins,
Constanze se fait remarquer et Mozart en tombe très
amoureux, car il vient de se faire éconduire par Aloisia,
de façon humiliante, en public ; Constanze
et Wolfgang se marient, le 4 août 1782, après
que la mère ait tendu un terrible piège à
Mozart, un piège basé sur l’honneur, vertu
indispensable au XVIIIe siècle, qui n'encombre pourtant
pas trop la mère Weber.
Constanze est heureuse, car elle
se trouve avec l’homme qu’elle aime, mais aussi,
libérée de la tyrannie de sa mère. Elle
reçoit toute sorte de surnoms de la part deWolfgang,
son mari :
- Stanzerl
- Stanzi Marini
- SchablaPumfa
- Petit pétard
- Nez pointu
- Chère excellente petite femme de mon coeur
Constanze met au monde six enfants
; seuls deux survivront jusqu’à l’âge
adulte. Le père de Mozart ainsi que sa sœur Nannerl
n'aiment pas Constanze, depuis le premier jour de leur rencontre
; ils n’aimeront pas davantage ses enfants et ne manifesteront
envers eux aucun esprit de famille, excepté Nannerl
(la soeur de Mozart) à l'âge de 75 ans, aveugle
et adoucie, qui découvre subitement son attachement
au fils de son frère.
Wolfgang et
sa femme connaîtront ensemble le succès, l’argent,
l’ivresse de la bière et de la gloire ; plus
tard, ils affronteront, toujours main dans la main, les trahisons,
l’indigence et l’oubli.
Devenue subitement veuve le 5 décembre
1791, alors qu’elle est encore jeune et que la guerre
entre la France et l’Autriche est presque sur le point
d'éclater, Constanze baisse un temps les bras, confie
ses fils à la garde de quelques proches, puis relève
le menton et consacre le reste de sa vie (51 ans !) à
protéger et promouvoir l’œuvre de Mozart.
Elle se remarie en 1808, avec un
diplomate Danois, Georg Nicklaus Nissen
et le suit à Copenhague. Elle revient avec son mari
à Salzbourg en 1820, alors que sa belle-sœur (Nannerl)
y vit également et la déteste toujours cordialement.
Constanze et
son second époux consacreront 6 années de leur
vie à écrire la première biographie complète
de Mozart.
Il se trouve que ce nouvel époux
de Constanze est complètement fasciné et obsédé
par Mozart ; avoir épousé sa veuve le flatte
déjà, mais il lui voue un véritable culte
et cela arrange bien Constanze, qui voit dans cette adoration,
la possibilité de servir « la cause » de
son Wolfgang à travers toute l’Europe.
Elle se produit dans de nombreux
concerts et chante elle-même des partitions pour soprano
; son talent est indéniable et de plus, elle n'hésite
pas à se servir de ses enfants pour la « publicité
» de Mozart, comme le vieux Leopold Mozart qu'elle a
pourtant généreusement critiqué.
Constanze meurt en 1842 alors âgée
de 80 ans, après avoir fondé le Mozarteum, fait
ériger des statues de Mozart et obtenu le succès
mondial des compositions de Mozart, et surtout, instauré
la protection de son oeuvre gigantesque.

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